Les Carottes sont cuites

19 août 2015

1 an et des poussières de jours

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La rencontre

Il y a 2 ans aujourd'hui que nous nous sommes rencontrées.

La seule, l'unique, l'inoubliable rencontre.

La seule fois où je t'ai regardée, portée, embrassée.

Je n'ai pas souhaité te revoir, ni en quittant l'hôpital les bras vides de toi, ni à la chambre mortuaire. J'ai eu peur de gâcher le beau souvenir que j'avais de toi. J'ai eu peur que tu aies changé en quelques heures, en quelques jours. J'ai eu des pensées horribles que je n'ai pas su exprimer pour qu'on me rassure. Et je regrette de ne pas avoir profité des moindres instants avec toi, de ne pas m'être gorgée de toi. Mais par-dessus tout, je regrette de n'avoir pas osé demandé à ce qu'on prenne tes empreintes de mains et de pieds. Une preuve tangible de ton passage parmi nous. La timidité, la peur, la gêne, je ne sais pas.

 

Aujourd'hui, il me reste de toi ton bracelet de naissance, 4 photos dont une floue, le double du doudou que tu as emporté avec toi, et ton acte d'enfant sans vie.

Et ta tombe sur laquelle je vais aller tout à l'heure. Cette tombe que nous avons voulue ouverte. Pas de dalle, pas de béton. Juste des traverses de bois, des cailloux blancs et cette butte de terre sous laquelle tu reposes dans laquelle nous avons planté des fleurs. Blanches, violettes, roses. Et au milieu, une plaque avec ton prénom, ton nom et ta date. 

 

Il me reste de toi le souvenir de notre rencontre, qui me reste si douce. Je me souviens à peine des actes médicaux qui ont suivi ta naissance, de ma douleur, de mes hurlements, de mon évanouissement. Je me souviens juste de la sensation de te sentir glisser hors de moi, et plus tard de la sage-femme qui t'a apportée. "Comme elle est belle !". Je me souviens de mes paroles quand je t'ai vue. Je me souviens de mes larmes, des mots que je t'ai dits, de l'amour qui t'a entourée, du baiser que je t'ai donné, le seul. 

 

Tu as, comme tes soeurs, une valisette de carton où je mets des souvenirs : la tenue de naissance, les premières chaussures, la première bougie d'anniversaire, la première mèche de cheveux coupée... Toutes ces choses qui ne concernent que les vivants.

Dans la tienne, il y a les maigres souvenirs que j'ai de toi, mais bizarrement, c'est la plus remplie. Parce que dans ta valisette, il y a les dessins que Lilo a fait de toi ou pour toi, il y a le tee-shirt imprimé à ton nom de ma première marche du 15 octobre, il y a le bouquet de roses que ta grand-mère avait apporté pour fleurir ta tombe. Il y a même un pyjama, toi qui n'a pas eu de tenue de naissance. Un pyjama à plumes que d'un coup je n'ai plus réussi à mettre à Isée, parce que les plumes te symbolisent tellement, outre qu'elles ornent ton doudou, elles représentent pour moi ton passage parmi nous, ta légèreté, ta douceur, ton envol dans un souffle.

 

Tu es ma petite plume, ma douce plume.

 

Il y a 2 ans aujourd'hui, j'ai basculé dans un monde inconnu, celui des mamans qui comptent en "enfants vivants", celles qui font un distingo entre le nombre d'enfants dans leurs bras et celui d'enfants dans leur coeur, celles qui se sentent mères de familles nombreuses même si il y a moins d'enfants autour d'elles qu'il devrait.

 

Je t'aime ma doucette.

 

Posté par caroote à 10:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 avril 2015

7 ans

Ma douce, mon aimée, mon coeur,

Ma belette, mon chameau, mon chat d'amour,

Ma pipounette, ma minouchette, ma fifrelette,

 

7 ans déjà, 4 dents en moins et 4 en plus ;

une soif inextinguible de lecture, de la curiosité plein les yeux ;

des dessins, de la peinture, des expériences, des bricolages, de la patouille et des plantations ;

des jupes à paillettes, du vernis à ongles, des bijoux, des feuilles dans les cheveux, de la boue sur le pantalon et des chaussures de marche ;

de grands yeux noisettes, un sourire à fossette, des cheveux aux mèches blondes dans ce châtain.

 

Toi qui veux être plongeuse-archéologue

Je t'aime

 

"- tu veux quoi, comme thème pour ton anniv de 7 ans ?

- plongée en eaux profondes"

(j'aurais mieux fait de me taire et de faire atelier cupcakes...)

 

Pour commencer, échauffement et entrainement à la souplesse pour pouvoir se tirer des situations les plus périlleuses (coincés dans une grotte sous-marine à 270m de profondeur, par exemple)

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Une fois validée la formation plongée accélérée, direction la grotte sous-marine

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Puis pâte à modeler fluo pour garder une trace de ce qu'on voit à une si grande profondeur

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Puis pêche à l'épuisette des poissons fluo qui nageait autour de nous (histoire de se faire un petit porte-clé souvenir), et, le plus intéressant, gâteau

 

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Et après toutes ces aventures, rien de tel qu'un petit tour dehors, hitoire de transformer la cabane de jardin en barraque à frites (avec frites en pétales de pissenlit, hamburger en cailloux et sauce en boue).

 

NB : recette et idée de la pâte à modeler fluo et de la lumière noire ici

Posté par caroote à 19:32 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

21 mars 2015

La bouffe

J'ai l'impression qu'en ce moment fleurissent sur les blogs des articles sur l'éducation bienveillante, la pensée positive, la pédagogie active, la parentalité respectueuse, etc, etc, bref, sur les méthodes d'éducation alternative.

Notez que ça fleurissait peut-être déjà avant (Maria Montessori ne date pas d'hier) et que je ne m'y intéresse que maintenant, hein, je dis pas que c'est un effet de mode (quoique...)

 

Alors je vais y mettre mon grain de sel à la sauce bouffe, parce que la bouffe, pour un enfant, c'est quand même hyper important (et pour les parents aussi, surtout si ils aiment bien bouffer).

Pas de grands mots, de grandes théories ou de super méthode pour faire manger du brocoli à nos enfants (moi, je m'en fous, le brocoli, c'est le légume préféré de Lilo, et on va tester demain pour voir ce qu'Isée en pense), mais juste 2 ou 3 trucs qu'on fait, nous, à la maison pour passer de bons moments.

 

Et parlons tout d'abord de la tétée en peau à peau. Honnêtement, je n'en avais jamais entendu parler avant les 2 mois de Lilo.

Il s'agit juste, quand on a le temps et l'envie, de se déshabiller pour allaiter. Enfin, je garde quand même ma culotte, pas trop envie que mon bébé s'emmèle les pieds dans ma toison intime, et je lui laisse sa couche parce que bébé et la maîtrise des sphincters, je vous fais pas un dessin. Ensuite, on s'emmitoufle bien au chaud dans une couverture toute douce, ou un maxi-lange (en bambou, c'est plus doux) ou ce que vous voulez qui tiendra bébé bien au chaud, et c'est partie pour la tétée. 

Je dis tétée parce que j'ai allaité Lilo et que j'allaite Isée, mais avec un bib, ça marche aussi, puisque ce qu'on recherche, c'est la chaleur des corps l'un contre l'autre, le mélange des odeurs, et un moment de partage unique. Sentir son bébé tout chaud contre sa peau, sa petite main qui carresse doucement, les yeux qui se ferment de bien-être, hum !!!

Alors, tout le monde à oilep !!!

 

Ensuite, on fait des traces.

Depuis qu'Isée mange de la purée et qu'elle tient bien assise dans sa chaise haute, de temps en temps, comme on avait fait pour Lilo, on lui pose un peu de purée sur sa tablette pendant le repas (je précise pour les plus jeunes d'entre vous que quand je dis tablette, je pense au morceau de plastique étudié pour s'encastrer dans la chaise haute au moment des repas et poser ainsi l'assiette ou le bol. Ne mettez pas de purée sur votre ipad, sauf si vous souhaiter en changer). Et on la laisse patouiller et faire des traces avec sa purée (patate douce, ce midi). L'idéal, c'est d'opter pour le bavoir intégral avec des manches, mais si vous êtes comme moi et qu'un peu de purée ne vous fait pas peur, dites vous que le lave-linge est une super invention et arrêtez de vous précipiter sur votre éponge toutes les 3 secondes.

Ce qui est génial, c'est que bébé est très absorbé par ce qu'il fait et mange mieux, je trouve (mais j'avoue que je la laisse aussi mettre les mains dans le bol). De plus, bébé est acteur de son repas, parce qu'il voit et touche ce qu'il mange. Il peut même mettre à la bouche ce qu'il a sur les doigts et faire ainsi le lien entre ce qui est dans le bol, ce qu'il voit, ce qu'il appréhende avec ses mains et le goût qui en ressort.

Mais surtout, il voit qu'une action engendre un évènement. Ici, ce sont des traces de purée, mais l'intention avec un crayon sera la même, et plus largement, il comprendra petit à petit que de toute action qu'il entreprendra découlera autre chose.

(c'est bizarre de dire "il" en parlant de bébé, parce que je n'ai que des filles, mais allez, je me la joue généralisatrice)

 

Et puis surtout, on joue (et on tire la langue à notre mère ou notre grand-mère ou la dame de cantine qui nous a dit et rabaché qu'il ne fallait pas jouer avec la nourriture. Franchement, si on la mange ensuite, où est le mal à jouer avec avant ?).

Je me souviens d'un repas de fin-de-frigo-on-sait-pas-quoi-cuisiner composé de saucisses reconstituées (mais si, vous savez, les saucisses oranges qu'on sait pas trop ce qu'il y a dedans) et de bâtonnets de carotte (c'est juste des carottes épluchées et coupées dans la longueur dans lesquelles on croque, même pas de sauce parce qu'on a la flemme, et puis de toute façon, Lilo n'aime pas la sauce) et qui s'est transformé en "M. Saucisse fait du ski". En résumé, Papahouète (le papa super chouette) a sculpté (oui Madame, mon tcheum, il sculpte des saucisses !) un visage dans la saucisse, 2 cure-dents en guise de bras, et 2 bâtonnets de carotte pour faire les skis. 

Après, il faut avoir l'imagination adéquate pour raconter (avec l'accent allemand, parce que M. Saucisse est bavarois) les aventures rocambolesques d'une bête knack.

Mais il y a d'autres idées, comme dessiner un paysage avec la nourriture dans l'assiette (un classique), ou improviser un pique-nique dans le salon (même avec un plat chaud, on s'en fout, on est à la maison), ou raconter l'histoire avec bruitages des aliments qui sont dans l'assiette en train de se faire dévorer...

Et puis il faut avoir le temps (comme pour tout, on ne fait pas ça une veille d'école alors qu'on est à la bourre et super énervés) parce qu'un repas-jeu, c'est un poil plus long qu'un repas-sérieux. Mais c'est un tellement super moment qu'on laisse couler si l'enfant se couche un peu plus (trop) tard, ou si on zappe la douche, ou si on n'a plus le temps de lancer une machine parce qu'on n'aura pas le temps de l'étendre avant d'aller au lit.

 

Voilà, sur ces bonnes paroles de parents un peu déjantés (parce que autant, je suis seule actrice de la tétée en peau à peau, autant le coup de M. Saucisse ne vient pas de moi), je vais aller manger parce que le petit creux se fait sentir.

 

Tchuss

Posté par caroote à 14:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]