Les Carottes sont cuites

31 août 2014

Malgré...

Malgré les traits tirés...

Malgré le double menton...

Malgré le teint blafard...

 

Je l'aime bien, cette photo

nous3Cette photo,

C'était le lendemain de la naissance d'Isée

C'était deux jours avant que je n'explose en larmes en me rendant compte qu'il me manquerait toujours une petite fille

C'était deux semaines avant que je ne décide, alors que nous étions tous devant la tombe de Rose pour "fêter" le premier anniversaire de sa naissance et de sa disparition, de la laisser partir afin de me consacrer à mes filles vivantes.

 

Cette photo, c'est la première image de notre nouvelle vie.

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23 juillet 2014

6 mois ?

Déjà ?

 

Comme d'habitude, je ne suis pas très assidue par ici. Mais 6 mois, franchement, j'abuse !

D'autant qu'en 6 mois, j'en ai fait des choses...

 

J'ai cousu des déclinaisons de Plantain en 6 ans, tee-shirt et robes

robe rose

robe renard

robe renard 2

tee-shirt renard

Gran

J'ai fait une robe de princesse d'après la robe de Peau d'Âne du livre des contes de fée (et je me suis arrachée les cheveux avec le patron de m... de la jupe, alors j'ai bidouillé à ma sauce et c'est très bien)

robe princesse

robe princesse foufoulune

Admirez au passage le  cadrage "pied qui traine dans le champ..."

 

J'ai essayé la surjeteuse chez une amie, et c'est tellement addictif, ce truc qui coupe et qui coud en même temps, que je n'ai pas trop réfléchi à ce que je faisais. Au final, je me suis plantée 3 fois dans les coutures (découdre et recommencer, rhaaaa, l'extase !!!), et mon legging en 6 ans taille plutôt en 4 ans, avec des trous partout (je suis la reine de la surjeteuse), direct poubelle !

 J'ai crocheté des amigurumis, des grands et des petits, des réussis et des biscornus

 J'ai continué mes grannies pour me faire une Babett Blanket qui, avec un peu de persévérance, sera finie aux alentours de 2038

 

Et puis surtout, j'ai fabriqué...

ventre

 

Isée...

isée

 

Posté par caroote à 11:05 - Commentaires [5] - Permalien [#]

15 février 2014

À la blibli

J'aime bien aller à la bibliothèque de mon village.

D'abord, elle n'est ouverte que 3 fois par semaine. Mais c'est normal, c'est une blibli associative tenue par des bénévoles.

Et puis elle est toute toute toute petite. Deux pièces, au moins aussi grande que ma salle (si on abattait la cloison entre les 2 pièces, hein, sinon, on dirait plus "2 pièces grandes comme ma salle de bains, chacune"). Alors je n'ai aucune peur à laisser ma belette dans la première pièce, nager parmi les albums, pendant que je vais dans la seconde, choisir des romans à mémères (parce qu'il faut vraiment fouiller pour trouver autre chose que des romans à mémères, mais ils ont un chouette rayonnage - bien que tout petit petit petit lui aussi - de romans ados pas cuculs).

Mais ce que j'aime par-dessus tout, ce sont les bibliothécaires (bénévoles, je me répète). Tout un poème ! À la blibli, il faut y aller le sourire aux lèvres, dans un certain état d'esprit, sinon on bout et on s'arrache les cheveux (c'est ce qui m'est arrivé les 2 ou 3 premières fois, mais c'était à l'époque où je ne savais pas).

 

Alors, on arrive. Dans la première pièce. La plupart du temps, il n'y a personne d'autre que la bibliothécaire. C'est rare quand un autre lecteur s'égare dans le coin le lundi soir. Donc, on entre, on dit bonjour, la bibliothécaire nous répond "bonjour", et on se dirige vers son bureau. Et c'est là qu'elle a une phrase qui tue : "C'est pour un retour ?". Moi, j'aime cette phrase, parce que je viens d'entrer avec mon sac de livres, et il me parait improbable que j'ai pu, en l'espace des 2 secondes qui me séparaient de son bureau, aller choisir de nouveaux livres. Mais bon. C'est là que le sourire et l'état d'esprit particulier indispensable entrent en jeu pour ne pas exploser de rire ou sortir une petite phrase assassine.

 

Après, on fait comme dans toute bibliothèque, on va choisir ses livres (enfin, on évite de demander conseil à la bibliothécaire, tout de même, parce que sinon on repart avec l'intégral de Mary Higgins Clark ou Patricia Highsmith ou Highwelle, je sais plus trop), et vu la taille des rayonnages, ça prend au bas mot environ 3 minutes.

 

Puis on retourne au bureau de la bibliothécaire (toujours la même, en 3 minutes, la relève n'est pas arrivée) et on dépose ses livres avec sa carte de lecteur. Et là, elle a la deuxième phrase qui tue : "C'est pour un emprunt ?". Et on continue à sourire, s'il vous plait.

 

Après, on en a pour 10 bonnes minutes parce que la bibliothécaire nous dit qu'on a oublié de rapporter certains livres (qui sont posés juste à côté d'elle mais dont a elle oublié d'enregistrer le retour, et il faut qu'elle reprenne tous les livres un par un, et pour peu qu'on ait rendu une série, c'est compliqué, parce que les livres ont tous le même titre, alors elle s'emmèle dans les bouquins, et puis elle oublie d'ouvrir le dossier retour sur l'ordi et puis ça bug, et puis elle insulte l'ordi avec des énormes gros mots que quand je suis avec ma belette, je n'ai qu'une envie, c'est me précipiter pour lui boucher les oreilles) (et puis après, elle oublie d'ouvrir le fichier emprunt, et puis le code barre ne passe pas parce qu'elle scanne celui du livre au lieu de scanner celui de la biblio et puis ils est noté déjà emprunté, bin oui, c'est normal, parce qu'elle me l'a déjà passé, celui-là, c'est l'autre qu'elle a oublié, et puis il faudrait que je lui redonne ma carte parce qu'elle est sortie du logiciel, et puis les livres qu'elle a déjà enregistré, il faudrait qu'elle les repasse pour être sûre...).

 

Mais au bout du compte, je continue à y aller. Toutes les 2 semaines, le lundi soir. Parce que mine de rien, je suis bien contente qu'il y ait une blibli dans mon village.

Et puis ça fait des choses marrantes à raconter à monamoureux le soir à table...

Posté par caroote à 12:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

25 janvier 2014

Il est des rendez-vous durs à vivre, parce que je sais que je vais devoir reparler de Rose, de ce qui est arrivé, de notre décision, de mon état.

Et ces rendez-vous me bouffent le moral. Je les anticipe trop, je n'arrive pas à me projeter dans l'explication de ce qui est arrivé. Ma voix se bloque dans ma gorge, je parle dans un souffle, les mots ne veulent pas sortir, je bégaie, j'ai l'impression d'être dans un rêve, dans un cauchemar dont je n'arrive pas à sortir.

Ça m'est arrivé quand j'ai rencontré le médecin du rectorat pour parler de ma reprise. J'étais incapable d'expliquer pourquoi j'étais arrêtée. Elle m'a trouvée trop fragile pour reprendre maintenant.

Ça m'est arrivé quand je suis allée chez l'ostéopathe. Raconter pourquoi mon dos était coincé comme il est, pourquoi toutes ces douleurs, c'était impossible. Elle m'a permis de parler à ma fille absente, de lui dire tout ce qui me restait d'amour à lui dire.

J'ai anticipé le coup de fil pour prendre rendez-vous pour mon expertise médicale dans le cadre de ma demande de congé longue maladie. Je n'en ai pas dormi de la nuit. Les larmes m'étouffaient, la douleur, la tristesse. Savoir qu'à nouveau il allait falloir parler de Rose et de son absence à un inconnu. Et le soulagement quand on m'a donné rendez-vous le 25 février, 3 jours après la date à laquelle Rose aurait du naître. Un coin de ciel bleu. L'envie de croire qu'une fois cette date passée, j'irai mieux, je tournerai une page, celle de ma grossesse inachevée. Ou plutôt achevée trop tôt. La page du temps de Rose. Et qu'ensuite, il ne restera qu'une date à affronter, celle, tous les ans, de la naissance de Rose.

Je sais que je n'ai pas que des dates à affronter, mais j'aime à espérer qu'une fois libérée de mes dates, je pourrai enfin accepter de vivre avec le deuil de mon bébé.

 

Alors je profite du ciel bleu d'aujourd'hui. De cette couleur de fin de journée, si proche de la couleur d'une fin de journée d'été. De ma grande belette qui invente des chansons parce qu'elle est heureuse que son papa fasse de la pizza. De ce moment ce matin où nous nous sommes mis tous les trois à quatre pattes pour ranger la chambre de ma reinette d'amour. De mon amoureux qui s'inquiète et me prend dans ses bras ou m'embrasse la nuque au passage. De la chaleur d'un coup de fil à une amie. De beaucoup d'autres choses dont je ne veux pas encore parler mais qui sont si douces à mon coeur. De ces petites choses de la vie.

Posté par caroote à 18:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]



Fin »