Les Carottes sont cuites

15 février 2014

À la blibli

J'aime bien aller à la bibliothèque de mon village.

D'abord, elle n'est ouverte que 3 fois par semaine. Mais c'est normal, c'est une blibli associative tenue par des bénévoles.

Et puis elle est toute toute toute petite. Deux pièces, au moins aussi grande que ma salle (si on abattait la cloison entre les 2 pièces, hein, sinon, on dirait plus "2 pièces grandes comme ma salle de bains, chacune"). Alors je n'ai aucune peur à laisser ma belette dans la première pièce, nager parmi les albums, pendant que je vais dans la seconde, choisir des romans à mémères (parce qu'il faut vraiment fouiller pour trouver autre chose que des romans à mémères, mais ils ont un chouette rayonnage - bien que tout petit petit petit lui aussi - de romans ados pas cuculs).

Mais ce que j'aime par-dessus tout, ce sont les bibliothécaires (bénévoles, je me répète). Tout un poème ! À la blibli, il faut y aller le sourire aux lèvres, dans un certain état d'esprit, sinon on bout et on s'arrache les cheveux (c'est ce qui m'est arrivé les 2 ou 3 premières fois, mais c'était à l'époque où je ne savais pas).

 

Alors, on arrive. Dans la première pièce. La plupart du temps, il n'y a personne d'autre que la bibliothécaire. C'est rare quand un autre lecteur s'égare dans le coin le lundi soir. Donc, on entre, on dit bonjour, la bibliothécaire nous répond "bonjour", et on se dirige vers son bureau. Et c'est là qu'elle a une phrase qui tue : "C'est pour un retour ?". Moi, j'aime cette phrase, parce que je viens d'entrer avec mon sac de livres, et il me parait improbable que j'ai pu, en l'espace des 2 secondes qui me séparaient de son bureau, aller choisir de nouveaux livres. Mais bon. C'est là que le sourire et l'état d'esprit particulier indispensable entrent en jeu pour ne pas exploser de rire ou sortir une petite phrase assassine.

 

Après, on fait comme dans toute bibliothèque, on va choisir ses livres (enfin, on évite de demander conseil à la bibliothécaire, tout de même, parce que sinon on repart avec l'intégral de Mary Higgins Clark ou Patricia Highsmith ou Highwelle, je sais plus trop), et vu la taille des rayonnages, ça prend au bas mot environ 3 minutes.

 

Puis on retourne au bureau de la bibliothécaire (toujours la même, en 3 minutes, la relève n'est pas arrivée) et on dépose ses livres avec sa carte de lecteur. Et là, elle a la deuxième phrase qui tue : "C'est pour un emprunt ?". Et on continue à sourire, s'il vous plait.

 

Après, on en a pour 10 bonnes minutes parce que la bibliothécaire nous dit qu'on a oublié de rapporter certains livres (qui sont posés juste à côté d'elle mais dont a elle oublié d'enregistrer le retour, et il faut qu'elle reprenne tous les livres un par un, et pour peu qu'on ait rendu une série, c'est compliqué, parce que les livres ont tous le même titre, alors elle s'emmèle dans les bouquins, et puis elle oublie d'ouvrir le dossier retour sur l'ordi et puis ça bug, et puis elle insulte l'ordi avec des énormes gros mots que quand je suis avec ma belette, je n'ai qu'une envie, c'est me précipiter pour lui boucher les oreilles) (et puis après, elle oublie d'ouvrir le fichier emprunt, et puis le code barre ne passe pas parce qu'elle scanne celui du livre au lieu de scanner celui de la biblio et puis ils est noté déjà emprunté, bin oui, c'est normal, parce qu'elle me l'a déjà passé, celui-là, c'est l'autre qu'elle a oublié, et puis il faudrait que je lui redonne ma carte parce qu'elle est sortie du logiciel, et puis les livres qu'elle a déjà enregistré, il faudrait qu'elle les repasse pour être sûre...).

 

Mais au bout du compte, je continue à y aller. Toutes les 2 semaines, le lundi soir. Parce que mine de rien, je suis bien contente qu'il y ait une blibli dans mon village.

Et puis ça fait des choses marrantes à raconter à monamoureux le soir à table...

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25 janvier 2014

Il est des rendez-vous durs à vivre, parce que je sais que je vais devoir reparler de Rose, de ce qui est arrivé, de notre décision, de mon état.

Et ces rendez-vous me bouffent le moral. Je les anticipe trop, je n'arrive pas à me projeter dans l'explication de ce qui est arrivé. Ma voix se bloque dans ma gorge, je parle dans un souffle, les mots ne veulent pas sortir, je bégaie, j'ai l'impression d'être dans un rêve, dans un cauchemar dont je n'arrive pas à sortir.

Ça m'est arrivé quand j'ai rencontré le médecin du rectorat pour parler de ma reprise. J'étais incapable d'expliquer pourquoi j'étais arrêtée. Elle m'a trouvée trop fragile pour reprendre maintenant.

Ça m'est arrivé quand je suis allée chez l'ostéopathe. Raconter pourquoi mon dos était coincé comme il est, pourquoi toutes ces douleurs, c'était impossible. Elle m'a permis de parler à ma fille absente, de lui dire tout ce qui me restait d'amour à lui dire.

J'ai anticipé le coup de fil pour prendre rendez-vous pour mon expertise médicale dans le cadre de ma demande de congé longue maladie. Je n'en ai pas dormi de la nuit. Les larmes m'étouffaient, la douleur, la tristesse. Savoir qu'à nouveau il allait falloir parler de Rose et de son absence à un inconnu. Et le soulagement quand on m'a donné rendez-vous le 25 février, 3 jours après la date à laquelle Rose aurait du naître. Un coin de ciel bleu. L'envie de croire qu'une fois cette date passée, j'irai mieux, je tournerai une page, celle de ma grossesse inachevée. Ou plutôt achevée trop tôt. La page du temps de Rose. Et qu'ensuite, il ne restera qu'une date à affronter, celle, tous les ans, de la naissance de Rose.

Je sais que je n'ai pas que des dates à affronter, mais j'aime à espérer qu'une fois libérée de mes dates, je pourrai enfin accepter de vivre avec le deuil de mon bébé.

 

Alors je profite du ciel bleu d'aujourd'hui. De cette couleur de fin de journée, si proche de la couleur d'une fin de journée d'été. De ma grande belette qui invente des chansons parce qu'elle est heureuse que son papa fasse de la pizza. De ce moment ce matin où nous nous sommes mis tous les trois à quatre pattes pour ranger la chambre de ma reinette d'amour. De mon amoureux qui s'inquiète et me prend dans ses bras ou m'embrasse la nuque au passage. De la chaleur d'un coup de fil à une amie. De beaucoup d'autres choses dont je ne veux pas encore parler mais qui sont si douces à mon coeur. De ces petites choses de la vie.

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10 janvier 2014

La folie des grandeurs

Que faire quand on a un pot de crème fraîche de 40 cl au frigo, qu'il est périmé depuis peu, qu'on sait qu'on n'en aura aucune utilité, que ça nous fait mal au coeur de le jeter, et qu'on a une journée un peu chargée ?

 

13h45, on revient de l'école, on prend son Kitchen Cook (ouais, c'est le modèle pas cher des 10 ans de Simply Market, on n'est pas cresus, nous. La preuve, on rechigne à jeter un pot de crème).

On met au fond du bol un sachet de levure de boulanger délayée dans un peu de lait tiède.

On ajoute un kilo de farine, 4 oeufs pesés et allongés au lait jusqu'à 400g, 120g de sucre, 2 pincées de sel, et bien sûr le pot de crème (entier, oui oui).

On branche la machine et go pour le pétrissage pendant 5 minutes.

14h, on met le tout à l'étuve au four, couvert d'un torchon mouillé.

15h, rv chez le kiné, avant de partir, on éteint le four, parce que ça fait toujours bizarre de laisser le four allumé quand on n'est pas là, même si c'est un four électrique.

16h, on revient de chez le kiné, on sort sa pâte bien gonflée, on la laisse tomber sur une table bien farinée, on se saisit de sa balance, d'un couteau, et on fait des petites boules de 40g environ.

Ensuite, on laisse libre cours à son imagination gustative et aux moules qu'on a. Pour ma part, j'ai utilisé 2 moules à mini cakes en silicone et un plat à gratin en métal. Les petites brioches ont été fourrées pour moitié avec des abricots en boîte, et pour autre moitié avec des m&m chocolat (pas le temps de hacher une tablette de chocolat), ce qui nous fait 24 briochettes. Dans le plat à gratin, 5 rangées de 4 boules nature pour une grosse brioche.

Hop hop, c'est l'heure d'aller chercher une jolie belette à l'école. On met les 3 moules au four (éteint puisqu'on sort) pour que ça continue à étuver, on récupère sa belette et direction le cours de danse avec un passage express à la banque juste avant.

Et là, on a 45 minutes pour souffler, on sort son bouquin et on savoure un moment de calme et de détente.

18h40, retour à la maison, on sort le tout du four qu'on fait préchauffer chaleur tournante à 160°C.

18h50, le four est chaud, on enfourne les 2 moules en silicone pour 25 minutes et on file donner sa douche à la jolie belette.

En attendant la fin de la cuisson, on prépare vite faite le repas (soupe préparée 3 jours avant et croque-monsieurs, emballé, c'est pesé !).

Biiiiip, ça sonne. On sort les briochettes, on baisse le thermostat à 150°C et on enfourne la grande brioche pour 30 minutes. Puis on sort les briochettes des moules pour les laisser refroidir sur une grille.

Après, c'est comme chez tout le monde : on débarrasse la table, un coup d'éponge, on sort la grosse brioche et on la met à refroidir sur la grille, histoire du soir, brossage de dents (et le petit film qui va avec, c'est notre rituel), visionnage du film du brossage de dents, gros câlins, gros bisous... repas des adultes (d'habitude, on mange tous les 3 ensemble, mais monamoureux assurait la distribution de notre nouvelle amap), etc, etc.

Et la suite en image. Bon, j'avoue, on a déjà tapé dedans, celles à l'abricot sont à tomber, les natures sont délicieuses avec du beurre salé et du fromage (je suis plus bec salé que sucré). Et ce qui reste passera au congelateur (super faciles à décongeler 10 minutes au four, emballées individuellement dans de l'alu pour éviter qu'elles ne sèchent).

brioches

brioches nature

Brioche nature," découper suivant les pointillés" (manque 4 boules...)

brioches m&m

Brioches m&m

brioche m&m ouverte

Niveau goût, c'est super bon (ça manque un peu de chocolat). Niveau présentation, c'est vraiment pas top (mais on en a déjà mangé 3 quand même...)

brioches abricot ouverte

À l'abricot (un oreillon dans chaque boule de pâte), délicat, moelleux, beaucoup moins sucré qu'un beignet, vraiment vraiment bon (on en a mangé 3, et je vais me taper celui-là d'ici peu)

 

La recette originale de cette brioche Butchy, super simple (même sans robot, je l'ai faite à la main, une fois, ne vous inquiétez pas si c'est super collant, c'est normal, n'ajoutez pas de farine) et inratable est ici (une mine, ce blog, je salive dès que j'y fais un tour).

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08 décembre 2013

Automne, la pomme, nuages gris et pluie glacée...

J'aurais aimé avoir le temps de prendre une photo avant que mes goinfres ne se jettent dessus (oui, bon, j'avoue, j'en fais partie !), mais c'était tellement bon !

poulet

Poulet d'automne aux chataîgnes et aux noix, accompagné de ses petits légumes

 

Pour la farce : une grosse boîte de chataîgnes au naturel, une grosse poignée de noix (décortiquées), 3 échalottes, 1 gousse d'ail, une petite botte de persil, un reste de pain, huile d'olive, sel et poivre en grains.

On hache menu les échalottes, l'ail et le persil. On émiette grossièrement les chataîgnes. On coupe le pain en gros morceaux. On mélange le tout avec les noix et 5-6 grains de poivre dans un saladier, une pincée de sel, un filet d'huile d'olive, et on fourre allégrement le poulet (un très gros poulet de préférence, le nôtre était tout petit, et j'ai congelé plus de la moitié de la farce).

On huile légèrement un plat, on y dépose le poulet, on le masse délicatement avec un peu d'huile (il aime ça, le poulet, les massages délicats), on le parsème de beurre (de sel si on aime, nous on mange très peu salé), un petit verre de vin blanc au fond du plat, et hop, au four préchauffé à 210°C.

Au bout de 40 min, on le sort, on l'arrose de son jus, et on ajoute au fond du plat 4 petites patates coupées en morceaux et 3 carottes en rondelles, et on les arrose elles aussi du jus de poulet (sinon, elles sont jalouses, et des patates jalouses, ça craint ! Et je ne vous parle pas de la vengeance des carottes, une sale engence, ces bestioles là). Et on poursuit la cuisson, jusqu'à ce que les poulet et les patates soient cuits (les carottes, ça va plus vite) (pour notre petit poulet, on a cuit environ une heure de plus) en arrosant poulet et légumes toutes les 20 minutes environ.

Ensuite, on sort le plat de présentation de la Grand-Mère et on se la pète un peu...

 

Ceci est une recette de fond de placard, on a fait avec ce qu'on avait, je suis sûre qu'avec autre chose, ce serait tout aussi bon.

De toute façon, du poulet au four avec un fond de vin, ça ne peut que être bon !

 

Bon appétit

Posté par caroote à 19:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]



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