J'aime bien aller à la bibliothèque de mon village.

D'abord, elle n'est ouverte que 3 fois par semaine. Mais c'est normal, c'est une blibli associative tenue par des bénévoles.

Et puis elle est toute toute toute petite. Deux pièces, au moins aussi grande que ma salle (si on abattait la cloison entre les 2 pièces, hein, sinon, on dirait plus "2 pièces grandes comme ma salle de bains, chacune"). Alors je n'ai aucune peur à laisser ma belette dans la première pièce, nager parmi les albums, pendant que je vais dans la seconde, choisir des romans à mémères (parce qu'il faut vraiment fouiller pour trouver autre chose que des romans à mémères, mais ils ont un chouette rayonnage - bien que tout petit petit petit lui aussi - de romans ados pas cuculs).

Mais ce que j'aime par-dessus tout, ce sont les bibliothécaires (bénévoles, je me répète). Tout un poème ! À la blibli, il faut y aller le sourire aux lèvres, dans un certain état d'esprit, sinon on bout et on s'arrache les cheveux (c'est ce qui m'est arrivé les 2 ou 3 premières fois, mais c'était à l'époque où je ne savais pas).

 

Alors, on arrive. Dans la première pièce. La plupart du temps, il n'y a personne d'autre que la bibliothécaire. C'est rare quand un autre lecteur s'égare dans le coin le lundi soir. Donc, on entre, on dit bonjour, la bibliothécaire nous répond "bonjour", et on se dirige vers son bureau. Et c'est là qu'elle a une phrase qui tue : "C'est pour un retour ?". Moi, j'aime cette phrase, parce que je viens d'entrer avec mon sac de livres, et il me parait improbable que j'ai pu, en l'espace des 2 secondes qui me séparaient de son bureau, aller choisir de nouveaux livres. Mais bon. C'est là que le sourire et l'état d'esprit particulier indispensable entrent en jeu pour ne pas exploser de rire ou sortir une petite phrase assassine.

 

Après, on fait comme dans toute bibliothèque, on va choisir ses livres (enfin, on évite de demander conseil à la bibliothécaire, tout de même, parce que sinon on repart avec l'intégral de Mary Higgins Clark ou Patricia Highsmith ou Highwelle, je sais plus trop), et vu la taille des rayonnages, ça prend au bas mot environ 3 minutes.

 

Puis on retourne au bureau de la bibliothécaire (toujours la même, en 3 minutes, la relève n'est pas arrivée) et on dépose ses livres avec sa carte de lecteur. Et là, elle a la deuxième phrase qui tue : "C'est pour un emprunt ?". Et on continue à sourire, s'il vous plait.

 

Après, on en a pour 10 bonnes minutes parce que la bibliothécaire nous dit qu'on a oublié de rapporter certains livres (qui sont posés juste à côté d'elle mais dont a elle oublié d'enregistrer le retour, et il faut qu'elle reprenne tous les livres un par un, et pour peu qu'on ait rendu une série, c'est compliqué, parce que les livres ont tous le même titre, alors elle s'emmèle dans les bouquins, et puis elle oublie d'ouvrir le dossier retour sur l'ordi et puis ça bug, et puis elle insulte l'ordi avec des énormes gros mots que quand je suis avec ma belette, je n'ai qu'une envie, c'est me précipiter pour lui boucher les oreilles) (et puis après, elle oublie d'ouvrir le fichier emprunt, et puis le code barre ne passe pas parce qu'elle scanne celui du livre au lieu de scanner celui de la biblio et puis ils est noté déjà emprunté, bin oui, c'est normal, parce qu'elle me l'a déjà passé, celui-là, c'est l'autre qu'elle a oublié, et puis il faudrait que je lui redonne ma carte parce qu'elle est sortie du logiciel, et puis les livres qu'elle a déjà enregistré, il faudrait qu'elle les repasse pour être sûre...).

 

Mais au bout du compte, je continue à y aller. Toutes les 2 semaines, le lundi soir. Parce que mine de rien, je suis bien contente qu'il y ait une blibli dans mon village.

Et puis ça fait des choses marrantes à raconter à monamoureux le soir à table...