Dormir par tranches de 2 heures (dans le meilleur des cas).

Choisir entre manger, dormir ou se laver.

Frotter tous les jours au moins un body ou un pyjama (ou les deux) plein de caca ou de vomi (ou les deux).

Être maculée de traces de vomi et se rendre compte que frotter à l'eau et au savon ne suffit pas à faire disparaître l'odeur.

Rêver de se remettre au sport mais devoir attendre encore avant de commencer la rééducation du périnée. Donc patienter avant de retourner courir ou faire du vélo au risque de muter en mémé incontinente.

Virer sourde dans les aigus.

Tout faire à un bras, l'autre ayant subi une greffe de bébé. Et avoir de sacrées courbatures.

Regarder sa garde-robe. Faire un premier tri pour ne garder que les vêtements pratiques pour allaiter. Faire un deuxième tri pour ne garder que les vêtements dans lesquels on rentre. Se rabattre sur les pantalons et leggings de grossesse et se sentir vraiment moche !

Vouloir un moment de libre et ne pas pouvoir s'absenter (ne pas vouloir non plus).

Prendre des douches hyper rapides. Ne pas profiter de ce moment de détente. Se laver les cheveux quand on a le temps.

Rêver d'un bon bain. Se rendre compte que maintenant, on a le droit, mais on n'a toujours pas le temps.

Se demander, à 3h du matin, après 2h de pleurs, si l'allaitement va durer encore longtemps. Se dire qu'un bon biberon de lait épaissi pour passer une nuit entière, c'est le pied.

 

Et puis...

Caresser la courbe de sa machoire.

L'embrasser dans le cou, derrière l'oreille, juste là où c'est tout doux.

Voir son visage si détendu et confiant lorsqu'elle s'endort sur soi.

Regarder ses petites mains et ses petits pieds. Avoir envie de les croquer.

Lui caresser la cuisse et la voir sourire. Se demander si c'est lié.

Essayer de déchiffrer ses différents pleurs, ses différents cris et être fière quand on réussi.

Lui faire un petit massage des pieds et des jambes et voir ses yeux grands ouverts, attentifs, son visage apaisé. Profiter de ce moment rien que toutes les deux.

La sentir respirer tout contre soi.

Faire une grosse sieste avec elle dans l'écharpe.

Lui parler et lui raconter des tas de bêtises.

Trouver qu'elle ressemble fort à sa soeur. Et qu'en même temps, elles sont terriblement différentes.

Surprendre sa grande fille qui chante des chansons à la petite parce qu'elle râlait un peu dans son transat.

Sentir cette détente qui envahit tout notre corps lorsqu'elle tète. Se dire qu'on fait pour le mieux et qu'elle y trouve son compte. Et nous aussi.

L'apaiser juste en lui parlant doucement.

Trouver la position qui va la soulager et dans laquelle elle est bien.

Rayonner de fierté à chaque fois qu'on la regarde.

 

Et sourire de bonheur...